«L’Emir Abdelkader a montré que la religion n’excluait pas la science, que la science n’excluait pas l’humanisme, que la foi n’excluait pas le spiritualisme»,

  M. Boutaleb, président de la fondation Emir Abdelkader


 
L’émir Abd el-Kader, al-Insan al-kamil, l’homme accompli (de son vrai nom Abd al-Qadir Ibn Muhy al-Din al-Hassani al-Jazaïri), héros positif, résistant, créateur de l’Etat algérien, fin politique, cavalier exceptionnel, homme de lettres et poète, humaniste avant la lettre, savant musulman tolérant, homme moderne et parfait dans sa voie traditionnelle, initiateur du dialogue islamo-chrétien, montre le chemin de la réconciliation entre les deux rives de la Méditerranée.....

Le mot de president :

Tout d’abord, il est important de savoir que très jeune l’émir a étudié à la zaouia de Giatna, village qui se trouve dans la wilaya de Mascara.
Très tôt, il a été initié à la lecture du Coran ; c’était un véritable prodige. Son père avait décelé en lui des aptitudes et des qualités qu’il ne trouvait pas chez ses autres fils. L’émir n’a pas seulement étudié sur des ouvrages de théologie, il s’est aussi beaucoup basé sur d’anciens ouvrages, notamment de philosophes grecs et arabes d’Andalousie.
En plus, il a étudié l’histoire, la sociologie et même les sciences médicales. Lors de la prise de la Smala de l’émir Abdelkader, les Français avaient découvert une bibliothèque très riche en manuscrits qu’il avait lui-même rédigés et divers livres.
Ces derniers traitaient de théologie et autres sciences. Plus tard, il écrira un ouvrage percutant qui s’intitule : Lettres aux Français. Dans cet ouvrage, il aborde le mérite de la science et des savants, l’histoire de l’écriture, des nations qui l’ont mise au point et des raisons qui sont à l’origine de son invention.
Ce qui montre encore une fois la grande érudition de l’émir. Il est important de noter qu’il avait une mémoire extraordinaire. Dans le livre qu’il avait écrit alors qu’il était prisonnier des Français, il cite de mémoire des philosophes grecs et des écrits de nombreux savants, tel Ibn Khaldoun.

L’émir Abdelkader était en quelque sorte un moine soldat. Pendant le siège de Tlemcen, après chaque bataille, il lisait Sahih El-Boukhari qu’il avait toujours sur lui.
En outre, il dispensait des cours de théologie à la population tous les soirs, à la mosquée, et quand il se trouvait à Médéa, tous les jours, après chaque combat, entre la prière d’el-âsr et du maghreb, il commentait les écrits théologiques de Sidi Sennouci.

Tout d’abord, il faut souligner que l’émir est de filiation maraboutique. Son grand-père, Mustapha, était le cheikh fondateur de la tariqa Qadiriyya, un ordre soufi.
A la suite de cet héritage spirituel, le grand-père de l’émir a fondé la zaouia de Giatna. Le père de l’émir, Mahiedinne, avait succédé à Mustapha et l’émir devait certainement prendre la relève à la tête de la zaouia. Celle-ci se trouvait à l’ouest de Mascara et tous les voyageurs y faisaient une halte et y échangeaient leurs connaissances.
C’était un centre de rayonnement intellectuel et spirituel. C’est pour cette raison qu’on peut avancer que l’émir était très imprégné de la religion et de la quête spirituelle. A douze ans, il était taleb, c’est-à-dire commentateur autorisé du Coran et des hadiths.
A quatorze ans, il décrocha le titre recherché de hafiz, réservé à celui qui connaît par cœur la totalité du Coran. On lui confia alors une classe dans la mosquée familiale, où il expliquait les passages les plus difficiles et les plus obscurs du livre sacré à son auditoire.
C’est tout à fait naturellement que l’émir obtient plus tard le titre de âlem. Puisqu’il accède à l’ultime étape du cheminement spirituel, celle de l’illumination al-fath. Dans le dernier numéro de la revue de la fondation, vous trouverez une contribution de mon fils Hassan Boutaleb qui aborde la relation entre l’émir et Ibn El-Arabi de façon très détaillée.

Sa réputation l’avait précédé au Moyen-Orient et même dans le monde entier, puisque les Américains avaient baptisé de son nom une ville des Etats-Unis, alors qu’il combattait à l’époque.
C’était un homme cultivé qui défendait son pays dans le monde arabe. Il avait d’abord la réputation d’un âlem (savant), d’un moudjahid et d’un charif (descendant du Prophète). Exilé à Damas, il donne des cours à la mosquée El-Amawiya.
Il a aussi commencé l’écriture des mawakif et les explications des écrits de Sidi Mohamed El-Arabi. Evidemment, il est très difficile si l’on n’est pas soi-même soufi de comprendre les textes et les commentaires de ses écrits. Durant ces périodes, il a écrit près de 45 000 lettres.
Il avait près de cinq secrétaires. Il dispensait ses cours de façon orale. Ses élèves sont devenus des muftis et de grands théologiens connus en Syrie et en Egypte. Leurs témoignages sont précieux et incontestables. J’aimerais aussi mettre l’index sur les médailles qu’il avait reçues pour avoir sauvé des chrétiens, ce qui a suscité, à l’époque, une certaine polémique.
L’acte de l’émir était profondément musulman. C’est un acte digne. Le Prophète (que le salut soit sur lui) avait dit : «Celui qui tue un homme innocent, je serai témoin contre lui devant Dieu.» L’émir avait arrêté le massacre, grâce à ses paroles et en insistant sur le fait que ceux qui trahissent les paroles du Prophète agissent en criminels.

La fondation travaille sans cesse afin de faire connaître l’œuvre de l’émir Abdelkader en Algérie et dans le monde.
De ce fait, nous encourageons et organisons des manifestations culturelles nationales et internationales se rapportant à l’émir. Nous nous attelons aussi à diffuser les publications de ses œuvres et des études le concernant. Nous avons de ce fait créé un centre de documentation se rapportant à sa vie et à son œuvre.
En ce moment, nous attendons les autorisations du ministère de l’Education pour diffuser les livres dans les écoles et les bibliothèques. Certaines wilayas nous en ont acheté. Le ministère des Affaires étrangères a distribué ces ouvrages dans nos ambassades à l’étranger et au corps diplomatique présent en Algérie.

 



 




Les écrivains  :

 Cheikh Khaled Bentounès
La personnalité de l'Émir a séduit et parfois conquis Ses propres adversaires. Le maréchal Bugeaud qui le combattit pendant des années, promoteur de la politique de la terre brûlée afin réduire la lutte du peuple Algérien dirigée par l'Émir Abd el-Kader disait de lui. « c'est un homme de génie... », une autre fois « c'est un espèce de Prophète... » « c'est l'espérance de tout les musulmans fervent » lors de sa première rencontre avec Abd el-Kader, il le décrit comme suit « il est pâle et ressemble assez au portrait qu'on a donné de Jésus Christ ». Un autre, Léon Roche, feignant de se convertir à l'islam s'attacha au service de l'émir pour mieux l'espionner, et relate l'épisode suivant,« admis quelque fois à l'honneur de coucher, dans la tente de Abd El-Kader, je l'avais vu en prière et j'avais été frappé de ses élans mystiques, mais cette nuit il me présentait l'image la plus saisissante de la foi, c'est ainsi que devait prier les grands saints du christianisme. » 

 L'Emir Abdelkader demeure le symbole de la résidence nationale à l'occupation colonial de notre pays. Pendant quinze ans ( 1832-1847). Il a lutté obstinément contre l'une des meilleurs armées d'Europe, supérieure en nombre et en matériel . comme l'indique l'un de ses biographes " l'homme était si grand qu'il s'impose à l'admiration de ses adversaires

 





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Date de création : 20 Mars 2005       par: DEKKAR MEZIANE